TIP & SHAFT | Yoann Richomme, du Figaro à l’Imoca
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Yoann Richomme, du Figaro à l’Imoca

Vainqueur de la Solitaire du Figaro l’an dernier, Yoann Richomme n’a pas enchaîné avec une nouvelle saison Figaro en ce début de printemps. D’abord parce que son contrat avec la Macif expirait fin 2016, ensuite parce que l’intéressé a commencé à s’entraîner sur le 60 pieds Imoca Vivo a Beira (ex Saveol) à bord duquel il disputera en novembre prochain la Transat Jacques-Vabre aux côtés de Pierre Lacaze. C’est par l’entremise de ce chef d’entreprise de 48 ans, diplômé d’HEC et installé à New York où il dirige une société spécialisée dans les produits financiers des matières premières, que l’opportunité de naviguer en 60 pieds s’est présentée pour l’ancien Skipper Macif. « Je suis allé au Salon nautique fin 2014, parce que j’avais en tête de faire la Route du Rhum 2018 qui est pour moi un rêve de gosse, raconte Pierre Lacaze. J’ai rencontré une amie de Yoann à qui j’ai demandé si elle pouvait me conseiller quelqu’un pour m’aider à monter mon projet, elle m’a orienté vers Yoann. » Pourquoi l’Imoca ? « Le multi me semblait hors de portée, répond ce marin amateur, Yoann m’a proposé le Class40, mais je voulais un bateau qui soit plus engagé. »
Yoann Richomme accepte le challenge et convainc Pierre Lacaze de passer par la case Transat Jacques-Vabre avant de s’attaquer au Rhum un an plus tard. Reste à trouver un bateau, une denrée rare à un moment où, Vendée Globe oblige, le marché n’offre que peu d’opportunités. « Celle d’acheter l’ancien Savéol de Sam Davies (plan Lombard de 2004, ex Sill et Veolia de Roland Jourdain) s’est présentée, ça m’a paru un bateau adapté pour Pierre, assez safe avec un cockpit fermé, pas trop puissant, sans trop de technologie. Par contre, il y avait pas mal de boulot à faire dessus », raconte Richomme. Avec la collaboration de Mer Forte et de Mer Agitée, le 60 pieds, remis à niveau (nouveau mât, voiles neuves, dérives coupées d’un mètre, réorganisation du cockpit, allègement général…), retrouve la mer en 2016 et disputera cette année une grande partie du programme Imoca : Grand Prix Guyader, Armen Race, Fastnet puis Jacques-Vabre.
Reste qu’on peut se demander si le fait de naviguer avec un bateau daté colle avec les ambitions du tenant de la Solitaire, qui cherche à monter un projet en vue du prochain Vendée Globe. « J’ai fait le tour des autres équipes pour essayer de courir la Jacques-Vabre sur le bateau le plus compétitif possible, mais c’est assez fermé, les skippers en place demandent souvent quelqu’un qui a déjà de l’expérience en Imoca. Là, ce projet me permet de me forger cette expérience par moi-même, ce sera du bonus pour la suite, d’autant que j’endosse aussi les responsabilités de skipper et de chef de projet. Et je pense qu’il y a quelque chose à faire au niveau du résultat : on aura les moyens de se battre dans la D2, je suis assez agréablement surpris des performances du bateau », répond Richomme qui s’est entouré de Donatien Carme, son préparateur en Figaro, et de Fanch Guiffant, vu auparavant sur les Imoca Maître CoQ et PRB. Pour quel budget ? Le skipper renvoie la patate chaude à Pierre Lacaze qui, lui-même, botte en touche : « Je ne parle pas d’argent. Je fais ce projet à la fois pour le défi sportif et pour lever des fonds pour une fondation que j’ai montée au Brésil il y a quelques années [BrazilFoundation, ndlr], l’objectif étant de construire une école là-bas. »
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En plus de ce projet Imoca, Yoann Richomme, qui a pris la deuxième place en IRC1 le week-end de Pâques du Spi Ouest-France-Destination Morbihan à la barre du le Grand Soleil Spirit of Spineck, reste impliqué en Figaro. D’abord en tant que coach, au sein du Pôle de Port-la-Forêt, et, individuellement, auprès de skippers (Martin Le Pape, Alan Roberts, Jérémie Beyou qu’il a aidé à reprendre en main son Figaro). Ensuite au sein de la classe puisqu’il assure le suivi technique du futur Figaro 3. Il fera ainsi partie, dès la mise à l’eau du premier exemplaire construit, en juillet, de l’équipe de test chargée d’évaluer le monotype à foils. « Je ne serai bien sûr pas le seul, il faut que du monde vienne sur le bateau pour faire de bons retours au chantier avant la validation définitive du bateau » explique-t-il.