TIP & SHAFT | Philippe Guigné : « Nous sommes franchement pionniers »
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Philippe Guigné : « Nous sommes franchement pionniers »

World Sailing a annoncé lors de sa Conférence annuelle à Puerto Vallarta le lancement des premiers eSailing World Championships en partenariat avec la société française Virtual Regatta. Son président, Philippe Guigné, explique à quoi ressemblera la compétition et les objectifs à plus long terme de ce partenariat.

Comment avez-vous noué ce partenariat avec World Sailing ?
Cela fait des années que je souhaitais mettre ce projet en place, j’étais allé deux fois il y a quelques années à l’ancien siège de l’ISAF (ex World Sailing) à Southampton, pour discuter du projet, mais comme ça n’avançait pas, j’avais laissé tomber. Finalement,l’intérêt a été ravivé il y a quelques mois par la nouvelle équipe, arrivée avec des ambitions de faire des choses dans le digital. Nous nous sommes rencontrés à Paris avant l’été, avec le CEO de World Sailing, Andy Hunt, et Hugh Chambers, le directeur commercial et marketing. Et nous sommes parvenus en quelques mois à ficeler un projet que nous avons pu faire ratifier à une écrasante majorité lors de la dernière Conférence de World Sailing au Mexique. Il s’agit d’un accord sur sept ans, avec une année 2018 qui servira un peu de laboratoire.

Concrètement, à quoi ressembleront ces Championnats du monde virtuels ?
L’idée est de lancer un Championnat virtuel à l’année, basé sur le jeu Virtual Regatta Inshore – dont la version beta est en ligne et que nous sommes en train de finir – avec des événements purement digitaux et d’autres qui seront les pendants virtuels d’événements « physiques ». Comme par exemple la World Cup de Hyères – l’objectif est d’ailleurs de débuter à Hyères pour une première épreuve de test – ou les Mondiaux à Aarhus en 2018. Un peu à la manière du Grand Chelem en tennis, certaines épreuves rapporteront plus de points pour aboutir à un classement et à des play-offs à partir de la seconde partie de l’année, pour lesquels mille joueurs seront qualifiés. A la fin de ces play-offs, les six premiers seront invités à Sarasota, où aura lieu la Conférence de World Wailing en 2018, pour disputer la finale « on stage ». Le vainqueur sera élu « eSailor of the year », comme il existe aujourd’hui le « Sailor of the year », récompensé chaque année par World Sailing.

Vous parlez d’une première année test, comment voyez-vous la suite ?
L’idée, à terme, est de développer des partenariats avec des événements issus du monde physique pour y greffer des épreuves virtuelles et organiser des tournois en direct dans des « arenas » installées sur les villages de ces épreuves. Je pense à des événements offshore qui drainent beaucoup de monde, comme la Route du Rhum, la Barcolana, la semaine de Kiel ou la Cowes Week. L’approche est de construire ensemble le projet : moi, j’apporte le jeu et la plus grosse communauté vélique au monde, World Sailing apporte la relation avec les événements et, surtout, la caution, puisque la fédération sera l’organisateur de la compétition. D’ailleurs, un des volets fondamentaux de l’accord est qu’on développe ensemble les Virtual Racing Rules of Sailing pour encadrer ces tournois. Ce n’est pas comme FIFA avec Electronic Arts : la FIFA n’est pas organisatrice de quoi que ce soit, elle donne juste son accord pour que son nom soit associé au jeu en échange d’un chèque. En ce sens, nous sommes franchement pionniers dans le domaine.

Avez-vous une idée du nombre de joueurs qui pourraient participer en 2018 ?
Je ne serais pas surpris qu’on ait de l’ordre de 100 000 joueurs sur cette première année. Quand je vois les volumes qu’on a sur notre jeu offshore [453 000 inscrits sur le dernier Vendée Globe, NDLR] et toute la com qu’est capable de développer World Sailing, ça ne me paraît pas délirant.

A plus long terme, existe-t-il l’ambition de créer une épreuve olympique, particulièrement pour Paris 2024 ?
C’est clairement un des objectifs menés à travers ce projet et ce n’est pas un hasard si notre partenariat avec World Sailing court jusqu’en 2024. Je sais que le CIO souhaite faire entrer le eSport aux JO et pousse l’ensemble des fédérations à développer le filon. Je dois rencontrer les dirigeants de Paris 2024 début janvier, on va voir comment on peut faire avancer les choses.