La Solitaire du Figaro 2020 attend toujours son parcours définitif

Figaro : tout sur la saison 2020

Le coup d’envoi de la saison Figaro sera donné le 13 mars avec la Solo Maître CoQ qui précédera le premier grand rendez-vous de la saison, la Transat AG2R La Mondiale, deux épreuves faisant partie du championnat de France Elite de course au large, avec la Le Havre All Mer Cup et la Solitaire. Evolution du Figaro 3, programme, plateau… Tip & Shaft présente les grandes lignes de cette année 2020.

Figaro 3 : à l’épreuve de la Transat AG2R La Mondiale

Après une première année au cours de laquelle, selon Yvon Breton, président de la classe Figaro Bénéteau, le nouveau Figaro 3 « aura essuyé les plâtres », la saison 2 s’annonce a priori plus calme. « L’année dernière, c’était la découverte, avec pas mal de problèmes techniques, là, on passe à la saison 2 avec des bateaux opérationnels dès la mise à l’eau et les connaissances acquises l’an passé, on va vite à l’essentiel sur les sujets plus pointus comme les voiles », explique Fabien Delahaye qui s’aligne de nouveau sur le circuit cette année.

Les soucis de jeunesse appartiennent-ils au passé ? « Tout ce qui est mât est derrière nous ; pour ce qui est des fuites au niveau des puits de foils, pas encore, mais si tu es un peu soigneux dans ta préparation, il y a moyen de ne pas avoir de soucis, répond Anthony Marchand qui repart sur Groupe RoyerMaintenant, sur une transat, c’est possible qu’on découvre d’autres problèmes : certains petits périphériques ont été un peu mis de côté pour des soucis d’économie, c’est normal parce qu’on voulait un foiler abordable, mais on va forcément se les prendre dans les dents un moment. »

La Transat AG2R La Mondiale devrait donc être un nouveau test pour le Figaro 3, dont la jauge a été revue cet hiver, avec notamment l’obligation pour tous les bateaux d’être équipés de nouveaux éléments d’insubmersibilité (NF Habitat avait coulé peu avant le Tour de Bretagne en septembre dernier). « Il a fallu s’adapter aux demandes des assureurs pour continuer à être assurés », justifie Fabien Delahaye. Christian Ponthieu, nouveau coordinateur technique de la classe (il a succédé à Sam Marsaudon), explique : « On va mettre de la mousse à l’avant et des boudins gonflables de chaque côté du moteur à l’arrière, les prototypes sont sur le point d’arriver, on lance la production dès que c’est validé avant d’équiper en priorité les bateaux qui vont faire l’AG2R. »

Si le Figaro 3 n’en a donc pas terminé avec ses quelques défauts de jeunesse, il n’en reste pas moins apprécié de la plupart des coureurs : « Le support est plus viril que le Figaro 2 qui était devenu un peu trop pépère, on restait sous grand spi et grand-voile haute jusqu’à 35 nœuds de vent ; là, dans les mêmes conditions, tu changes vite le spi pour mettre un gennak, tu prends des ris, ça devient des manœuvres classiques », confirme Anthony Marchand. Pour Christian Le Pape, qui dirige le Pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt, « le bateau est beaucoup plus dynamique, il demande de la conduite précise et fine ; sur une course comme la l’AG2R, personne ne pourra se reposer, ça va être engagé, avec en outre des angles qu’on ne connaît pas encore très bien. »

Programme : une AG2R à succès, la Solitaire encore dans l’inconnu

Le championnat de France Elite de course au large comprendra cette année quatre épreuves : la Solo Maître CoQ, la Transat AG2R La Mondiale, la Le Havre All Mer Cup et la Solitaire du Figaro, soit une de moins qu’en 2019« Trop peu de coureurs participaient à toutes les épreuves, on s’est donc mis d’accord sur quatre évènements pour redonner de la tonicité au Championnat de France« , explique Yvon Breton. Qui confie au passage chercher un partenaire-titre pour le championnat, « à hauteur de 150 000-200 000 euros« . Trois autres courses, hors championnat, sont au programme : la Solo Guy Cotten à Concarneau, le Spi Ouest-France et la Drheam Cup qui s’ouvre aux Figaro et fera office de répétition générale à un mois de la Solitaire.

Les deux rendez-vous phares de la saison seront la Transat AG2R La Mondiale et la Solitaire du Figaro, deux courses organisées par OC Sport Pen Duick. La première s’annonce un succès au niveau de la participation qui devrait être en hausse de l’ordre de 25% par rapport à 2018 (19 bateaux). « On est aujourd’hui à 21 inscrits et on a encore quelques projets supplémentaires à qui il manque un peu de budget, explique Marine Derrien, directrice des opérations chez OC Sport Pen Duick. Au total, on devrait compter autour de 25 duos, dont 5-6 mixtes, ce qui était un des enjeux de cette édition. L’arrivée du nouveau bateau joue dans cette hausse de la participation, c’est la première transat en Figaro 3, mais aussi la future épreuve olympique de large en double mixte aux Jeux de Paris 2024. Par exemple, parmi les inscrits, il y a un tandem américain qui vient clairement dans cette optique. « 

De nombreuses têtes d’affiche seront de la partie, d’Armel Le Cléac’h (avec Erwan Le Roux) aux duos Anthony Marchand/Alexis Loison, Xavier Macaire/Morgan Lagravière, Gildas Mahé/Thierry Chabagny, en passant par Yann Eliès, Pierre Leboucher, Fabien Delahaye (dont les co-skippers seront bientôt annoncés). La jeune génération sera représentée par Martin Le Pape (qui courra sous les couleurs de la Fondation Startgardt, soutenue par son ancien sponsor Bellocq Paysages), Sam Goodchild, Benjamin Schwartz, les tandems Tanguy Le Turquais/Julien Villion, les skippers Macif (Pierre Quiroga/Erwan Le Draoulec) et Bretagne CMB (Loïs Berrehar/Tom Laperche), tandis que quelques nouveaux feront leur apparition, dont Amélie Grassi/Ambrogio Beccaria, François Jambou avec Tom Dolan, Nils Palmieri avec Justine Mettraux….

Pour ce qui est de la Solitaire, la situation est plus floue, puisque si le départ de la Baie de Saint-Brieuc est connu depuis novembre, le reste du parcours n’a toujours pas été annoncé. Ce qui fait dire à Anthony Marchand : « J’ai la chance de ne pas avoir besoin de trouver un partenaire mais je ne sais pas comment font les jeunes, ce n’est pas simple de vendre un projet à des sponsors sans connaître les villes de la Solitaire. » Tout juste intronisé chef de projet Solitaire du Figaro chez OC Sport, Alex Picot explique : « On essaie d’annoncer le parcours le plus tôt possible, mais ce n’est jamais très simple quand tu discutes avec plusieurs collectivités en même temps, ville, agglomération, département, région… Et c’est particulièrement compliqué les années électorales, ce qui est le cas cette année avec les municipales. » Quand sera connu le fameux parcours ? « On s’est fixé comme dead-line de publier un avis de course et donc la totalité du parcours au plus tard le 20 février », répond Alex Picot.

Confronté à l’absence de partenaire-titre depuis la fin du contrat avec Urgo, l’organisateur tient au passage à faire taire les rumeurs évoquant un parcours au rabais : « Les dates et le format sont connus, à savoir trois grandes étapes et un sprint du 25 août au 20 septembre. On est aussi en mesure de dire que la première partira de la Baie de Saint-Brieuc et y arrivera, avec ensuite le départ de la deuxième toujours de Saint-Quay-Portrieux. » Pour ce qui est de la recherche de partenaire-titre, Joseph Bizard, directeur du développement et du sponsoring chez OC Sport Pen Duick, confie : « Nous avons toujours bon espoir d’avoir quelqu’un cette année. » Le ticket d’entrée ? « La course est positionnée à 1 million d’euros. »

Centres d’entraînements : un match Port-Laf-Lorient

Longtemps hégémonique sur le circuit Figaro, le pôle de Port-la-Forêt, qui compte cette année 19 figaristes, voit poindre depuis quelques années la concurrence grandissante du groupe de Lorient réuni autour de l’entraîneur Tanguy Leglatin (Mahé, Delahaye, Goodchild, Le Turquais, Mettraux, Grassi, Schwartz, Dolan, Nebout…). Ce dernier semble même victime de son succès, puisqu’il confie, lorsqu’on lui demande s’il se fixe une limite : « C’est un peu le débat du moment, d’autant que j’ai des demandes de personnes qui ne préparent même pas la saison Figaro, notamment de fédérations étrangères en vue  de leur préparation pour les JO de Paris 2024. Du coup, je vais probablement prendre quelqu’un en plus pour m’aider. »

Pas question du côté de Port-la-Forêt, pôle France oblige, d’accepter ce genre de nouvelle demande, ce que confirme Christian Le Pape : « Il y va forcément y avoir chez nous une forme de protection du savoir-faire français, l’accueil des étrangers va devenir plus compliqué, ou alors dans des plans d’échange très structurés. » Interrogé sur la concurrence, ce dernier ajoute : « Ça crée une émulation intéressante qui tire le niveau français vers le haut et une concurrence solide pour le pôle qui n’est plus forcément positionné comme le favori. Il y a des équipages solides qui s’entraînent ailleurs : Xavier Macaire et Morgan Lagravière [à Saint-Gilles Croix-de-Vie avec le Team Vendée Formation qui devrait accueillir 6 bateaux cette saison, NDLR], Gildas Mahé, Pascal Bidégorry… Nous, on a axé fortement le recrutement sur les jeunes, puisqu’on a sept marins de moins de 26 ans. » Dont les derniers arrivés sont Elodie Bonafous, lauréate du Challenge Océane Bretagne CMB, et Robin Follin, qui découvre depuis dix jours la navigation en solitaire sur le Figaro 3.

Photo : Yvan Zedda

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