L'Ocean Fifty The Arch aux Canaries

Comment s’est monté le projet The Arch en Ocean Fifty

Le troisième épisode du Pro Sailing Tour, le Grand Prix de Las Palmas de Gran Canaria, s’est achevé dimanche par la victoire de Leyton (Sam Goodchild), il a accueilli un septième et nouvel acteur, The Arch, mené par le duo Armel Tripon/Benoît Marie (accompagné de Gurvan Bontemps et Fred Moreau), qui a pris la 6e place. Tip & Shaft vous raconte la manière dont ce projet s’est monté.

Cinq mois après avoir terminé son premier Vendée Globe, Armel Tripon est de retour sur l’eau. Mais sur trois coques, puisque le voilà co-skipper, avec Benoît Marie, de l’Ocean Fifty The Arch, nouveau venu sur le Pro Sailing Tour à l’occasion du Grand Prix de Las Palmas de Gran Canaria. Un retour dans l’ex classe Multi50 – qui s’est soldé par une 6e place – pour celui qui, en 2017 et 2018, avait navigué sous les couleurs de Réauté Chocolat, avec, à la clé, une victoire sur la Route du Rhum.

Le projet avait été monté à l’époque par Damien Grimont, un ami proche du Nantais – qui a été son préparateur en Figaro – organisateur d’événements nautiques avec sa société Profil Grand Large, notamment de The Bridge, en 2017, dont Réauté Chocolat avait été une des entreprises partenaires. L’ancien figariste se retrouve de nouveau en première ligne, puisqu’il manage ce projet d’Ocean Fifty The Arch, initié depuis quelques semaines avec Benoît Marie, vainqueur de la Mini Transat en 2013… comme Tripon (2003) et Grimont (1991).

« Cela fait des années je suis convaincu que l’Ocean Fifty est le meilleur rapport coûts/retombéespour un partenaire, explique Benoît Marie. Je n’avais jusqu’ici jamais eu les moyens, ce qui m’avait poussé à me lancer en Moth à foil pour apprendre à voler à haute vitesse, une expérience qui m’avait notamment permis d’être embarqué à bord de Macif sur The Bridge. » Une épreuve pendant laquelle il noue des contacts avec Damien Grimont : « J’avais vraiment apprécié tout le côté RSE, d’autant que la thématique environnementale a toujours été au cœur de mes préoccupations. »

« Un bateau porte-étendard pouvait être une bonne façon de lancer un teaser »

Dans la lignée de The Bridge, Damien Grimont planche avec son équipe sur The Arch, projet qui, en 2021, devait mêler course autour de l’Europe en Ultim et réflexions concrètes sur la transition écologique. Si l’événement n’a pas pu avoir lieu cette année pour cause de Covid, il a été repoussé de deux ans : « L’objectif est de lancer en 2022 dans les 27 pays d’Europe un appel à solutions pour accélérer la transition écologique, on en sélectionnera 100 qui seront présentés dans le cadre de The Arch lors d’une grande exposition itinérante entre avril et juillet 2023 dans dix villes européennes, avec un final sur notre territoire du Grand Ouest. » La course en Ultims n’est plus au programme, mais Damien Grimont, qui dévoilera le projet à l’automne prochain, promet à la place « une approche vraiment très innovante sur la manière dont on imagine la course de demain », tandis que Benoît Marie évoque « un format de courses de bateaux éco-conçus. » Qui pourrait inclure le concept de Vini Lab, projet, développé par l’ingénieur/navigateur, de prototype à foils, construit quasiment exclusivement avec des pièces ou matériaux recyclés ou périmés, qui avait été repéré par Damien Grimont.

« Il semblait intéressé par l’idée de l’utiliser comme démonstrateur aux escales de The Arch, confirme Benoît Marie. Finalement, en début d’année, je l’ai rappelé en lui disant que j’avais vraiment envie de faire de l’Ocean Fifty, mais que je ne me voyais pas y aller tout seul, je lui ai proposé de m’aider. » Damien Grimont y voit alors l’opportunité de faire parler de The Arch : « On s’est dit que vu le succès des courses, un bateau porte-étendard pouvait être une bonne façon de lancer un teaser autour de The Arch. »

 

Un rebond pour Armel Tripon

Il commence donc à travailler sur le projet avec Benoît Marie, mais quand il apprend que L’Occitane lâche Armel Tripon à l’issue du Vendée Globe, il propose au Nantais de rebondir en Ocean Fifty : « Ça permet de faire porter le projet par deux marins du Grand Ouest qui, chacun de leur côté, incarnent une démarche réelle, pas du green washing : Armel avec la conception d’un catamaran biosourcé, Benoît avec son bateau à foils d’école de voile. »Armel Tripon ne met pas bien longtemps à accepter la proposition, quand bien même sa priorité est de relancer une campagne de Vendée Globe : « Mon objectif est d’y retourner en 2024 pour essayer de faire mieux, mais ce sont des projets longs à construire. Là, c’était l’opportunité pour moi de rebondir très vite et de continuer à naviguer à haute vitesse sur un support et un circuit attractifs, donc aussi de garder une actualité. »

Benoît Marie adhère également à l’idée : « Ça m’a semblé complètement pertinent, dans la mesure où nous sommes très complémentaires : moi, je suis plutôt sur la technique et l’inshore, lui avait l’expérience du support et est très à l’aise eu large, il a gagné la Route du Rhum, il dispose en plus d’une équipe [Vincent Barnaud est le boat-captain, Marion Pennaneach gère la logistique et la communication, NDLR]. Donc j’ai tout de suite pensé que ça pouvait être une super association pour les deux premières années, avant qu’il ne parte en Imoca et que je continue le projet en solo une fois que j’aurai bien appris. »

 

Qui courra le Rhum ?

Le triumvirat en place, il se tourne vers Lalou Multi pour acheter l’ex Arkema – 850 000 euros, selon Damien Grimont – via une vingtaine d’investisseurs, le budget de fonctionnement reste quant à lui à trouver. « On cherche un partenaire qui aurait un intérêt à véhiculer cette intention d’accélérer la transition écologique, donc un sponsor engagé, il ne faut pas que ce soit contradictoire avec le message que l’on porte », explique Damien Grimont. Le montant est estimé entre 300 000 et 400 000 euros cette saison, 500 000 à 600 000 en 2022, année de la Route du Rhum… que les deux skippers du projet souhaitent courir, ce qui obligera à faire un choix.« On verra en fonction des partenaires que l’on trouve chacun de notre côté », explique Armel Tripon. « Ça dépendra forcément de qui va trouver de l’argent, abonde Benoît Marie, mais si c’est Armel, j’arriverai à trouver une place tout à fait satisfaisante dans le projet, je pense que ce sera pareil dans le cas inverse » Damien Grimont ajoute : « Ils rêvent évidemment tous les deux de faire le Rhum, mais il y aura de la place dans le projet de façon substantielle pour les deux, parce qu’ils vont aussi s’impliquer dans The Arch. »

En attendant, les deux Nantais vont tenter cette année de performer sur la Transat Jacques Vabre, ce qui passe par un petit chantier de fiabilisation cet été et un jeu de voiles neuf.

Photo : Belfi Aguilar / Pro Sailing Tour

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