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La classe Ultim étudie des plans B pour son calendrier 2019

Initialement attendu fin janvier (voir notre article), le calendrier de la classe Ultim 32/23 pour la période 2019-2023 devrait être finalement être connu mi-mars, ses membres ayant dû se remettre autour de la table après le refus de la Transat Jacques-Vabre de leur ouvrir l’avis de course. Tip & Shaft vous en dit plus.

La Route du Rhum-Destination Guadeloupe aura tout chamboulé. Alors que le programme 2019 de la classe Ultim 32/23 aurait dû culminer fin décembre avec Brest Oceans, première course autour du monde en solitaire en multicoque sans escale, les avaries subies par Banque Populaire IX (perdu), Edmond de RothschildMacif et, dans une moindre mesure, Sodebo, ont redistribué les cartes, contraignant les organisateurs à en annoncer le report le 5 décembre… deux semaines après celui de Lorient-Les Bermudes.

La solution Transat Jacques Vabre semblait, du coup, toute trouvée pour garnir un calendrier 2019 sans épreuve majeure pour les Ultims. Si les organisateurs ont fait savoir dans un premier temps être peu enclins à ouvrir les portes du bassin du Havre aux Ultims, les discussions ont quand même eu lieu, une fois la question officiellement posée par la classe. Mais l’organisation de la Transat Jacques Vabre a finalement annoncé le 28 janvier dernier « ne pas être en mesure d’accueillir de manière satisfaisante et sécuritaire les multicoques Ultim ». Délégué général de l’épreuve, Gildas Gautier précisait alors : « Ce n’est pas une décision que nous avons prise de gaieté de cœur, parce nous sommes une course multi-classes et que ce n’est jamais très agréable de laisser des bateaux à quai, mais on savait depuis 2017 qu’on devait construire la transat sans eux parce qu’ils bâtissaient un programme de tours du monde les années impaires ».

Reste que cette décision « a constitué une vraie surprise » selon Yves Le Blévec : « Les signaux étaient plutôt positifs, explique le skipper d’Actual. On discutait autour de questions relatives aux timings pour ne pas empiéter sur les autres classes, on a été cueillis à froid ». Délégué général de la classe Ultim 32/23, Emmanuel Bachellerie ajoute : « Nous avions discuté de compromis, comme une arrivée au Havre plus tardive pour ne pas gêner les autres classes, un départ décalé, un parcours rallongé, pour finalement arriver à cette décision verticale qu’on regrette et qu’on ne comprend pas bien. » 

Et l’intéressé de se montrer plus explicite, pointant, sans la nommer, la classe Imoca qui, en décembre, s’était prononcée en AG contre la venue des Ultims : « Je trouve qu’il y aurait pu avoir plus de solidarité maritime. Quand on a imaginé le départ de Brest Oceans, on l’avait volontairement calé fin décembre, alors qu’on aurait très bien pu la faire partir pendant les vacances de la Toussaint et la faire arriver pendant les vacances de Noël, le timing était parfait. Si on ne l’a pas fait, c’était pour préserver les intérêts de la Jacques Vabre. »

Sans Brest Oceans ni Jacques Vabre en 2019, la porte pourrait sembler naturellement ouverte pour des tentatives de Trophée Jules Verne l’hiver prochain, en particulier pour une équipe comme Macif, sans doute la mieux armée, au vu de l’expérience accumulée sur le trimaran, pour s’attaquer au record d’Idec Sport. « Le Jules Verne est une démarche plus individuelle. Or, ce dont nous avons besoin et envie, c’est de produire un programme en commun et de naviguer ensemble en course« , écarte Thomas Normand, directeur exécutif de MerConcept, la société de François Gabart. Yves Le Blévec abonde : « J’aurais été dérangé par le discours d’un armateur choisissant de faire son propre programme sous prétexte qu’il n’y a plus de Brest Oceans ou de Jacques Vabre, ce n’est pas dans ce sens qu’on a bâti cette classe. »

La classe travaille donc sur des plans B, notamment lors d’un séminaire de trois jours, prévu depuis septembre, qui a réuni, début février à Val-Thorens, skippers, teams-managers, armateurs et équipes de communication, dont le Gitana Team. Les plans B en question ? « Il y a des événements du calendrier auxquels ont peut se greffer, on a aussi montré avec la Nice UltiMed ou Brest Oceans qu’on pouvait créer des événements en propre, l’équilibre est sans doute à trouver là », élude Emmanuel Bachellerie. Yves Le Blévec se montre ambitieux : « Comme il n’y aura pas de tour du monde en 2019, il faut trouver quelque chose qui ne soit pas moins valorisant, les parcours doivent être la hauteur de nos bateaux qui appellent les superlatifs« .

Des parcours qui, dans un premier temps, semblent écarter l’option solitaire, ce que confirme à demi-mots le skipper d’Actual : « Suite à la Route du Rhum, le solitaire est moins à l’ordre du jour, il y a quand même eu un petit refroidissement. » Selon nos informations, ce sont deux options différentes qui ont été en effet été proposées pour cet hiver à Brest Métropole, associée aux discussions depuis le début. un tour du monde en double à trois bateaux (auquel le team Gitana ne souhaite pas participer) et une grande boucle atlantique à quatre Ultims passant par Rio et Le Cap. Si la première option n’a pas été retenue, la seconde est à l’étude.

Pour 2020, la question de la participation des Ultims à The Transat – dont l’avis de course n’est pas encore sorti – va poser à l’organisateur le même dilemne que pour la Transat Jacques Vabre : appliquer une jurisprudence identique ou accepter les maxi-trimarans alors que le gros de sa flotte sera composée, comme pour la transat en double, d’Imoca, de Multi50 et de Class40 ? Hervé Favre, co-CEO d’OC Sport, en charge de la voile, que nous avons contacté, n’a pas souhaité commenter cette hypothèse pour le moment.

Pour les années suivantes, il apparaît de plus en plus probable (voir l’interview d’Armel le Cléac’h au Figaro) que la première course autour du monde des Ultims se fera en équipage en 2021 au départ de Nice, organisée par ASO – contacté, Jean-Baptiste Durier n’a pas souhaité confirmer. Auparavant est annoncé en mai The Arch, le tour d’Europe qui succède à The Bridge, oeuvre de Profil Grand Large. Les années paires étant sanctuarisées par le Vendée Globe d’un côté, avec lequel la classe Ultim 32/23 ne veut pas entrer en concurrence, et la Route du Rhum de l’autre, rendez-vous incontournable y compris pour les grands trimarans, la prochaine date disponible pour Brest Oceans est donc 2023. En attendant l’annonce d’un calendrier officiel prévue mi-mars, les discussions vont donc bon train…

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