Comment s’organise le Grand Prix Guyader

Douarnenez accueille depuis samedi et jusqu’au 13 mai environ 600 marins pour la 19e édition du Grand Prix Guyader, manifestation lancée en 2000 à l’initiative de Louis Urvois, décédé en 2016, et de Gwen Chapalain, toujours aux manettes de l’épreuve à la tête de sa société Sea to See« Nous avons conceptualisé le Grand Prix en 1998, se souvient ce dernier. A l’époque, avec Louis, nous voyagions pas mal sur les courses de Dragon et nous avions été marqués par la Semaine de Kiel, qui était à la fois une fête sur l’eau avec toutes sortes de supports et une grande fête à terre. Nous nous sommes dit que le stade nautique de Douarnenez méritait d’accueillir un tel événement en entrée de saison ».

Le Grand Prix voit le jour en 2000, d’abord uniquement consacré aux Dragon et baptisé Petit Navire car soutenu par la conserverie de Douarnenez. « A l’époque où je naviguais sur le 60 pieds Petit Navire [plan Nivelt mis à l’eau en 1998, NDLR], j’avais sollicité les gens de Petit Navire pour qu’ils investissent dans un événement local, ça avait du sens pour eux, c’est comme ça que l’aventure a démarré », poursuit Gwen Chapalain. Une aventure qui s’est depuis étoffée en accueillant chaque année de nouvelles épreuves, comme le Défi, un concours de vitesse le long du Rosmeur, et de nouveaux supports, avec un roulement selon les éditions.

Le Grand Prix a ainsi vu passer en presque vingt ans, des Orma, des Ultimes, des Imoca, des Multi 50, des Diam 24, des Class40, mais également des Open 750, des J80, des kites, des planches, des yoles et, plus récemment, des paddles et… des pêcheurs, avec le fameux concours de pêche qui clôt cette année la 19e édition. Une 19e édition dont la principale nouveauté est la Bermudes 1000 Race, course en Imoca entre Douarnenez et Cascais via le Fastnet.

Côté organisation, qui s’appuie sur un fort investissement des bénévoles (250 en tout sur la manifestation), elle est partagée d’un point de vue opérationnel entre Sea to See, soit une équipe de quatre personnes autour de Gwen Chapalain, la Société des Régates de Douarnenez pour la partie sportive, et le partenaire-titre Guyader, qui, après l’arrêt de Petit Navire en 2009, a pris le relais en 2011. « J’ai été approché l’année où il n’y avait pas de partenaire-tire, en 2010, j’ai le souvenir d’une discussion avec Michel Desjoyeaux qui m’avait conseillé de m’y intéresser, en me disant que pour une PME comme la mienne, ça pouvait être plus intéressant que de soutenir des bateaux, les chances de succès sur les grandes courses étant forcément limitées pour des petits budgets. Après avoir pris la température en 2010 en soutenant un prix, je me suis engagé en 2011 », explique Christian Guyader. Le patron de la société éponyme (450 employés pour un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros) avait, jusque-là, accompagné des skippers, notamment sur la Solitaire du Figaro (Bertrand de Broc en 1998-99), la Transat AG2R (Patrice Carpentier-Philippe Massu en 2004) ou la Transat Jacques-Vabre (Victorien Erussard-Loïc Féquet en 2009).

Guyader assure une bonne partie d’un budget qui, selon l’organisateur, tourne autour de 400 000 euros, pour une somme, « raisonnable par rapport à la taille de l’entreprise », que son PDG n’a pas souhaité nous dévoiler. S’y ajoutent les collectivités locales – la municipalité de Douarnenez (38 000 euros en subventions directes, 16 500 en aides indirectes), le département du Finistère (25 000) et la région Bretagne (15 000) – et des partenaires privés associés aux différents trophées : Banque Populaire de l’Ouest pour les Diam 24, Pom’Potes pour le Défi, BMW International pour les Dragons, Armor Lux pour les Class40…

Pour quels retours ? « A l’époque de Petit Navire, ils avaient commandé des études qui évoquaient un coefficient 10 par rapport à l’investissement ; aujourd’hui, les retours ne sont plus calculés, parce que pour Christian, la partie humaine et la notion de développement du territoire sont plus importantes », répond Gwen Chapalain. « Le fait de consacrer du temps et des moyens à un événement territorial est en droite ligne avec les valeurs de l’entreprise, on estime que ça contribue positivement à notre image, ça nous suffit », confirme Christian Guyader qui profite également du Grand Prix pour organiser des opérations de B to B et pour mobiliser en interne avec une journée dédiée au personnel.

Une étude plus globale a toutefois été réalisée et présentée à la municipalité par Bertrand Nardin, président de Douarnenez Courses (qui regroupe les différentes associations nautiques de Douarnenez), pour évaluer les retombées économiques des six événements nautiques organisés à Douarnenez en 2017. « Le chiffre est à prendre avec des pincettes, puisque c’est une étude plus empirique que scientifique, mais on estime l’ensemble de ces retombées à environ 1,5 million d’euros pour la ville et le Pays de Douarnenez en consommation directe », estime l’intéressé.

De quoi visiblement satisfaire le maire de la cité finistérienne, François Cadic : « Le bilan économique est très intéressant, le Grand Prix Guyader draine beaucoup de monde [20 000 visiteurs selon les organisateurs, NDLR], ce qui est important pour Douarnenez, une ville qui axe son avenir sur le tourisme et le nautisme, parce que, malheureusement il n’y a plus beaucoup de gros acteurs économiques dans la région ». Et vu la météo estivale qui s’annonce ce week-end, la fréquentation de cette 19e édition ne devrait pas baisser…


Guyader Sailing Team. En plus d’être partenaire du Grand Prix Guyader, Christian Guyader a créé il y a deux ans le Guyader Sailing Team qui, sous la houlette de son team manager, Gwen Chapalain, accompagne un équipage de jeunes en Diam 24 (sauf sur le Tour de France), un Dragon (sur lequel naviguent Chapalain et Guyader), une Caravelle et le TS42 avec lequel Christian Guyader lui-même disputera la prochaine Route du Rhum-Destination Guadeloupe en classe Rhum Multi.

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