Joseph Bizard est le directeur général d'OC Sport

Joseph Bizard : « On est plus en avance qu’on ne l’a jamais été »

Nouveau directeur général d’OC Sport Pen Duick, qui organise la Solitaire du Figaro, Joseph Bizard revient pour Tip & Shaft sur l’accord de partenariat annoncé lundi entre la course et le département de la Loire-Atlantique, qui accueillera le départ et l’arrivée des six prochaines éditions.

Comment est né ce partenariat avec la Loire-Atlantique ?
Quand on a cherché des partenaires privés pour la course, on s’est dit que des acteurs institutionnels pouvaient également se positionner, des territoires pouvaient avoir envie de cette course. En février, il nous manquait la dernière étape de la Solitaire, on était en période électorale pour les municipales, ce n’était pas évident de trouver une ville pour s’engager, c’est alors le département qui s’est fait porteur du projet en prenant la responsabilité d’accueillir les deux dernières étapes, ce sont eux qui sont ensuite allés voir Saint-Nazaire qui a accepté. C’est la première fois qu’un département se faisait hôte d’une étape, alors que normalement, ce sont les villes, qui se refinancent ensuite par le département. Donc Philippe Grosvalet s’est engagé à nos côtés en février dernier pour cette édition, et à partir de là, on a tiré le fil et on a imaginé que notre partenariat pourrait s’étendre à beaucoup plus qu’une étape.

Comment avez-vous abouti à ce partenariat sur le long terme ?
Une fois qu’on a réussi à sécuriser cette édition, on leur a expliqué quelles étaient nos ambitions, à savoir faire grandir la course en la sortant d’une logique court-termiste. On a aussi posé l’enjeu de la recherche du financement de l’événement, qui était central, en leur expliquant bien que le manque de partenaire-titre était un énorme frein pour nous. On ne peut pas faire grandir un tel événement si on n’a pas les moyens de payer des équipes et d’investir dans la course. De leur côté, ils nous ont expliqué que le département de la Loire-Atlantique était une des plus belles façades maritimes de l’Atlantique et le seul espace qui n’avait pas son grand événement. Et comme ils ont toute une politique tournée vers la mer, avec l’industrie maritime, le tourisme, le développement éolien, ils se sont dit que la voile correspondait avec ce qu’ils voulaient raconter et qu’il n’y avait qu’un événement disponible sur le marché, la Solitaire du Figaro. Donc on a abouti ensemble à l’évidence qu’il fallait se marier. On leur a proposé d’aller loin dans le temps, ils ont tout de suite acquiescé.

Quel statut ont-ils ?
C’est un partenaire majeur, un statut de partenariat qui n’existait pas auparavant sur la Solitaire. Jusqu’ici, il y avait un partenaire-titre, qui captait une énorme part de voix de l’événement, et des villes qui arrivaient juste après. Là, nous avons créé un statut qui permet au département de la Loire-Atlantique d’exister beaucoup plus dans l’événement, tout en laissant la place à un partenaire-titre qui, lui, aura un peu moins de part de voix qu’auparavant mais pourra bénéficier du naming de la course. Le naming de la course n’était pas pertinent pour la Loire-Atlantique, parce que ce n’était pas la priorité et que nous avons plein de moyens, en termes de communication, de valoriser le territoire. Ce n’était pas pertinent non plus parce que ça limitait forcément le caractère itinérant de la Solitaire, c’était compliqué d’aller en Bretagne avec une course qui s’appelle Loire-Atlantique. Enfin, le fait de réserver le naming à un partenaire permet d’avoir le complément de financement qui nous est nécessaire pour boucler notre budget.

La transition est toute faite : à combien s’élève le ticket pour un éventuel partenaire-titre ?
Aujourd’hui, on n’est plus du tout sur les montants annoncés auparavant. Si ma mémoire est bonne, c’était un peu plus d’un million d’euros, là, avec ce nouveau dispositif qui comprend un partenaire majeur ayant plus de place dans l’événement, ça nous permet de proposer une offre de partenariat-titre environ 30 ou 40% moins chère, aux alentours de 600 000-700 000 euros.

Peut-on savoir quel est le montant de l’investissement du département ?
Aujourd’hui, on a un accord de principe sur les grandes lignes, mais, comme le président Philippe Grosvalet [président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, NDLR] l’a précisé, on n’a pas encore fini le détail du montage, parce qu’il engage à côté tout son territoire, la région, les villes…

L’apport des autres villes-étapes reste-t-il identique, de l’ordre de 100 000 euros ?
Oui, ça ne change pas du tout.

Avez-vous bouclé dans les grandes lignes le parcours de l’édition 2021 ?
Il n’est pas définitivement bouclé, mais on est plus en avance qu’on ne l’a jamais été, parce que nous avons l’assurance d’avoir un départ et une arrivée en Loire-Atlantique. A côté de ça, on va en Bretagne chaque année, en vertu d’un accord que nous avons avec la Région, certaines villes se sont déjà positionnées, donc on a bon espoir d’annoncer un parcours d’ici la fin de l’année.

Les marins apprécient les grandes étapes et les escales à l’étranger, est-ce d’actualité si la situation sanitaire le permet ?
Le point de départ, c’est que nous sommes hyper attachés à ce qui fait le succès de la Solitaire, à savoir l’intérêt sportif. Donc on veut des parcours en phase avec l’ADN engagé de la Solitaire du Figaro. Ce qui veut dire qu’on va continuer à avoir de grandes étapes. Pour ce qui est de l’étranger, il n’y a pas de dogme, tout le monde dit que c’est hyper important, ça l’est, mais surtout parce que ça permet de longues navigations, pas seulement parce pour vivre de bons moments à terre. Le tout est d’avoir un modèle économique qui fonctionne : on est prêts à aller dans n’importe quelle ville désireuse d’accueillir la Solitaire, pourvu que ça permette d’abord de construire un parcours à la hauteur de la réputation de la Solitaire, ensuite que ça soit finançable.

Ce qui est plus compliqué pour les villes étrangères ?
On sait que ces étapes à l’étranger sont celles qui coûtent le plus cher et sont les moins finançables, il faut investir significativement. En même temps, on sait qu’on peut faire des étapes extraordinaires d’une ville française à une autre, Dunkerque-Saint-Nazaire a été, d’après les skippers, une des plus belles qui n’aient jamais été courues. Ça coche beaucoup de cases d’avoir des villes françaises, maintenant, je le répète, on ne s’interdit pas d’aller à l’étranger à condition que ça ait un intérêt pour le parcours et que ce soit finançable. Et, évidemment, une fois que le Covid nous permettra de voyager. Le problème pour 2021 est qu’on ne va pas pouvoir voyager dans les prochaines semaines, donc ce n’est pas trop le moment aujourd’hui de construire des étapes hors de France.

Ce partenariat va vous donner plus de moyens pour construire l’avenir, quels seront les axes d’amélioration de la course ?
Le fait d’avoir un partenaire qui s’engage dans le long terme et partage la même ambition pour nous va nous permettre d’avoir plus de visibilité sur la construction de nos plans stratégiques et plus d’énergie pour le faire. Aujourd’hui, c’est trop tôt pour entrer dans les détails, mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut que la Solitaire soit plus visible, plus animée, qu’elle raconte plus les valeurs qui font sont succès, à savoir l’excellence sportive, mais aussi plus de choses en dehors du sportif lui-même.

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