Antoine Mermod : « Six bateaux neufs minimum pour 2020 »

L’Assemblée Générale de l’Imoca s’est tenue lundi 5 décembre à Paris. Elle a notamment validé le calendrier 2018-2020 et s’est penchée sur les règles de qualification en vue du prochain Vendée Globe. Pour Tip & Shaft, le président de l’Imoca, Antoine Mermod, revient sur cette AG.

L’AG de l’Imoca devait notamment valider le programme de la saison 2018, a-t-il été voté et quel est-il ?
Nous avons effectivement voté le programme 2018, articulé autour de deux grands rendez-vous. Le premier sera une nouvelle épreuve en double organisée début juin par le Yacht Club de Monaco dont les grandes lignes seront prochainement dévoilées. Comme nous allons en Méditerranée, nous avons le projet de partir en amont sur une course en solitaire entre Douarnenez et Cascais à l’issue du Grand Prix Guyader. Elle serait qualificative pour la Route du Rhum, second grand rendez-vous de la saison Imoca. Après l’épreuve à Monaco, nous allons proposer aux organisateurs de la Giragliad’inscrire la classe Imoca, pour y participer en équipage. D’autres courses sont ouvertes aux Imoca, qui peuvent y participer, mais nous, nous faisons l’effort sur deux courses dans l’année. Ce sera d’ailleurs le cas les années suivantes, avec la Barcelona World Race et la Transat Jacques Vabre en 2019, The Transat et New York-Les Sables en 2020, avant le Vendée Globe. S’il y a des beaux projets développés d’ici là, il n’est pas dit qu’on ne rajoute pas de courses à notre calendrier, mais notre objectif est de mettre en place une colonne vertébrale avec deux événements par an bien financés.

Qu’en est-il du Championnat Imoca Ocean Masters jusqu’ici porté par Open Sports Management ? Le contrat avec OSM est-il renouvelé ?
Non, il y a eu un énorme investissement de la part d’OSM depuis quatre ans qui nous a permis de faire beaucoup de choses, notamment pour promouvoir la classe et sécuriser un certain nombre d’événements. Mais l’objectif de trouver un partenaire de classe n’a malheureusement pas été atteint, donc ils n’ont pas souhaité continuer. Nous avons fait un débriefing sans concession avec Keith Mills et ses équipes, dont nous restons très proches, et on a fait le constat que l’offre commerciale proposée par OSM n’était pas forcément suffisante pour aller au bout.

Ce qui veut dire ?
OSM vendait la classe et le championnat, mais avec avec une visibilité insuffisante sur les courses, car ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord avec les organisateurs. Nous en avons tiré comme conclusion qu’il fallait qu’on implique les organisateurs de nos grandes courses dans l’organisation et la gestion de notre championnat, afin d’essayer de proposer un package suffisamment valorisable à un partenaire de la classe sur quatre ans. C’est sur quoi nous travaillons, avec l’objectif de créer un comité qui regrouperait l’Imoca et les organisateurs. L’autre objectif est de créer plus de liens entre les courses en assumant le fait que le Vendée Globe est notre événement principal. Du coup, on rebaptiserait notre championnat les « Globe Series », avec un système de points et de coefficients sur quatre ans. Nous ne sommes pas encore arrivés au bout de ce projet, on a expliqué lors de l’AG où on en était et où on voulait aller et on a mis au vote le fait que cette direction était cohérente pour les teams : l’adhésion a été de l’ordre de 80-90%.

Le Vendée Globe parlons-en, les règles de qualification avaient été contestées par certains skippers lors du dernier Vendée Globe, quels sont vos souhaits en la matière ?
C’est effectivement une question essentielle qui a été évoquée lors de cette AG. Aujourd’hui, de très nombreux marins veulent faire le prochain Vendée Globe, or la limite est de 30 bateaux et il n’y a, pour l’instant, pas de raison que ça change. Vu l’engouement actuel, il est très possible qu’il y ait plus que 30 candidats sérieux au Vendée Globe, d’où le travail mené sur ces questions de qualification depuis quelques mois par la nouvelle commission sportive, créée au sein de l’Imoca, avec la SAEM Vendée. L’avis de course du Vendée Globe va sortir vers avril-mai, en attendant, on a voté un principe qui est la position de la classe Imoca : pour être qualifié, il faut avoir fait une transat en solitaire, le Vendée Globe ou la Barcelona World Race. S’il y a plus de 30 qualifiés, on sélectionnera en priorité les marins qui auront fait le plus de milles dans les courses du programme Imoca.

Combien de nouveaux bateaux vont être construits, selon vous, pour le prochain Vendée Globe ?
L’engouement est très fort. Le dernier Vendée Globe à peine terminé, le marché de l’occasion était déjà quasiment saturé, avec une grande partie des bateaux qui a changé de mains. Enormément de gens essaient de monter des projets pour essayer de rentrer dans le circuit pour le prochain Vendée Globe, avec notamment de nouveaux partenaires. Il y avait 9 bateaux en 2014 sur la Route du Rhum, ; nous avons déjà 14 inscrits pour la prochaine et on peut penser qu’on sera autour de 20. Les chiffres de retombées publiés par le Vendée Globe, Banque Populaire et Hugo Boss, ont eu des effets très positifs, il n’y a pas une semaine sans que des gens viennent nous voir pour nous demander comment rentrer dans la classe. Pour ce qui est des bateaux neufs, si on compare à la précédente édition, la situation économique actuelle est meilleure, et surtout, la visibilité par rapport à la nouvelle jauge, à la fiabilité des bateaux et à la performance des foils est beaucoup plus claire. Donc s’il y a eu six nouveaux bateaux la dernière fois, je m’attends à six au minimum pour 2020.

Un dernier mot sur la Barcelona World Race : peut-on s’attendre à une participation à la hausse par rapport à l’édition précédente qui comptait 8 bateaux ?
Les nouvelles sont plutôt bonnes, avec des teams en train de boucler leur participation. La règle potentielle de qualification pour le Vendée Globe incite les gens à naviguer, c’est un bonus énorme de faire la Barcelona World Race. Une nouvelle génération de skippers arrive, moins expérimentée que la précédente. Sportivement parlant, beaucoup estiment nécessaire de faire un tour du monde en double pour continuer à progresser et maximiser leurs chances en vue du Vendée Globe. Et d’un point de vue budgétaire, l’escale à Sydney, avec la possibilité de changer de co-skipper, permet à des projets de s’associer, ce qui facilite la recherche des financements. On peut donc être raisonnablement optimiste.

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