Comment s’organise la Mini-Transat ?

Les organisateurs et quelques skippers de La Mini-Transat La Boulangère sont passés par Paris la semaine dernière, l’occasion de présenter la course qui s’élancera le 1er octobre de La Rochelle. Tip & Shaft en a profité pour se pencher sur l’organisation de la Mini, qui fête ses 40 ans.

Après deux éditions gérées par Douarnenez Courses, c’est La Rochelle qui, en décembre 2015, a décroché l’organisation de la Mini-Transat, pour 2017 et 2019. Le vote en Conseil d’Administration de la Classe Mini, propriétaire de l’événement, a été serré, puisque 6 voix s’étaient portées sur La Rochelle, 5 sur Douarnenez. Ce qui a fait la différence ? « La stature de la ville : La Rochelle dispose de plus de capacité hôtelière et est plus accessible avec le TGV, un facteur important pour les familles des coureurs et les sponsors », répond Lucas Montagne, président de la Classe Mini.

Dans la foulée, a été constitué le Collectif rochelais pour la Mini-Transat, association chargée d’organiser la course, avec deux salariés à l’année : Jean Saucet, directeur technique – qui a du coup délaissé sa casquette d’entraîneur au pôle Mini de La Rochelle – et Cécile Derché, déléguée générale, passée notamment par la Société des régates rochelaises. Pas de changement à la direction de course, confiée à Denis Hugues depuis 2001, tandis que Christian Dumard et Great Circle assurent la partie météo.

Les villes aspirant à organiser la Mini-Transat sont tenues de proposer dans leur dossier de candidature un port-étape et un port d’arrivée. Le choix du Collectif rochelais s’est porté sur Las Palmas de Gran Canaria et Le Marin, en Martinique. Pour l’arrivée, Jean Saucet aurait bien opté pour le Brésil, une des destinations historiques de la Mini, « mais on nous demandait de payer ». Le Marin et la Martinique, prêts à mettre des moyens à disposition, se sont dès lors imposés, en raison notamment des connexions sur place du maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine. Quant au choix des Canaries, il a été en partie dicté par le besoin de se distinguer de la candidature de Douarnenez (qui proposait Madère).

Ce parcours alizéen a en revanche un inconvénient : il oblige à une escale bien longue – et donc coûteuse – de quasiment trois semaines. « On est coincés entre la nécessité de partir avant l’arrivée des grandes dépressions dans le Golfe de Gascogne, d’où le départ le 1er octobre, et l’impossibilité de quitter les Canaries avant la fin de la période des cyclones, le 1er novembre », explique Lucas Montagne. Du coup, certains, à l’image de Benoît Sineau, DG d’une start-up parisienne, comptent retourner travailler entre les deux étapes !

Course accessible pour des budgets de fonctionnement (hors amortissement du bateau) allant de 30 000 à 70 000 euros sur un an, la Mini-Transat repose quant à elle sur un budget de 800 000 euros en numéraire, qui ne prend pas en compte les apports en nature des collectivités, évalués à 400 000 euros (principalement les services de la ville de La Rochelle, la mise à disposition du port des Chalutiers, les frais de déplacement/hébergement de l’équipe d’organisation pris en charge par les villes escale et arrivée qui s’occupent aussi de l’organisation logistique terre et mer sur place).

La grande nouveauté de cette édition 2017 est l’arrivée d’un partenaire-titre non institutionnel (la Charente-Maritime et les Iles de Guadeloupe ayant été partenaire-titres auparavant), la société La Boulangère, qui apporte « un gros quart » des 800 000 euros de budget et s’est engagée en mai dernier pour deux éditions. « Nous souhaitions communiquer autour du côté féminin de la marque et la Mini est l’une des courses dans lesquelles il y a le plus de femmes (10 sur 81 partants)« , explique Christophe Aillet, DG de la société vendéenne (300 millions d’euros de chiffre d’affaires, 6 usines en France, 1 776 salariés). Ce dernier, qui se dit « en phase avec le côté nature et innovant » de la course et de la voile, voit même plus loin puisqu’il confie : « Nous réfléchissons déjà à d’autres opportunités, pourquoi pas aider une skipper femme… ». Mais pour l’instant, pas sur le Vendée Globe : « Ce n’est pas dans nos budgets et il existe beaucoup d’autres supports… »

Le reste du budget se répartit entre les collectivités territoriales du départ qui en assurent la moitié – avec, par ordre d’importance, la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, le département de la Charente-Maritime et la Région Nouvelle-Aquitaine – despartenaires privés locaux et les droits d’inscription (2 000 euros par concurrent). Un budget serré mais qui correspond à l’ADN d’une course qui veut garder son côté débrouille…

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