PRB soutient Kevin Escoffier pour ce Vendée Globe 2020

Jean-Jacques Laurent : « Le Vendée Globe fait un peu partie de l’ADN de PRB »

En huit éditions du Vendée GlobePRB n’aura manqué que la première, l’entreprise vendéenne ayant par la suite été partenaire-titre de Jean-Yves Hasselin (1992), Isabelle Autissier (1996), Michel Desjoyeaux (2000), Vincent Riou (de 2004 à 2016) et aujourd’hui Kevin Escoffier. Son PDG Jean-Jacques Laurent s’est confié à Tip & Shaft.

PRB participe à son huitième Vendée Globe consécutif, qu’est-ce qui vous pousse à remettre ça à chaque fois ?
C’est notre axe de communication majeur, il fait un peu l’ADN de l’entreprise, on est à 15 kilomètres des Sables d’Olonne, c’est notre terrain de jeu. Les clients et les salariés trouvent que ce support colle bien, c’est fédérateur. Donc tant qu’on peut le faire et qu’on pourra maîtriser les budgets, on continuera.

Avez-vous hésité à vous engager sur ce Vendée Globe 2020 ?
On s’est posé la question par rapport au budget. Mais comme Vincent (Riou) avait réussi à louer le bateau [à Sébastien Simon en attendant la mise à l’eau d’Arkéa Paprec, NDLR], ce budget nous a permis d’installer des foils, ce qui nous donnait l’opportunité d’avoir un bateau qui avait quand même les moyens de faire quelque chose de sympa, tout en donnant sa chance à un nouveau skipper.

Le choix de Kevin Escoffier s’est-il imposé rapidement ?
C’était le premier sur la liste des skippers que Vincent voulait nous présenter, il avait en plus travaillé par le passé avec lui, je l’avais bien apprécié. Donc quand Vincent m’a soumis sa liste, je lui ai dit : « Appelle Kevin tout de suite et s’il est dispo, tu lui dis que c’est OK. » Ça a pris deux minutes, je n’ai même pas regardé les autres noms. Comme Vincent, Kevin est un très bon technicien, c’est aussi un bon communicant – un peu plus que Vincent – un sportif aguerri, un compétiteur, doté d’un gros mental. Et même s’il a peu fait de solitaire jusqu’ici, il a quand même un gros palmarès.

« Kevin vise le podium, il n’a pas peur ;
moi, je serais content s’il terminait dans les cinq premiers »

Comment le voyez-vous figurer sur ce Vendée Globe ?
Lui vise le podium, il n’a pas peur ; moi, je serais content s’il terminait dans les cinq premiers, très content dans les trois. Mais je sais aussi que la voile reste un sport mécanique. Ce qui me fait peur en particulier sur ce Vendée Globe, c’est que ce ne sont pas forcément les machines qui vont casser, mais plus les bonhommes. J’ai navigué sur PRB, les bateaux sont durs, un peu « bâtards » entre multicoque et monocoque, mais avec des chocs bien plus violents que sur des multicoques.

Si vous ne deviez garder qu’un ou deux moments forts des sept Vendée Globe auxquels vous avez participé, quels seraient-ils ?
Le sauvetage de Jean Le Cam par Vincent (sur le Vendée Globe 2008-2009), ça m’a rappelé quand Isabelle Autissier avait chaviré (sur Around Alone en 1999, NDLR), elle avait réussi à ouvrir son tableau arrière pour permettre à l’Iridium de capter et m’appeler trois secondes juste pour me dire « Tout va bien. »

Vous retenez plus les fortunes de mer que les victoires de Michel Desjoyeaux (2000) et de Vincent Riou (2004) ?
Oui, parce que l’humain prend le dessus dans ces cas-là. Quand vous voyez que la personne à qui vous avez donné de l’argent pour communiquer pour vous risque de perdre sa vie, le fait de la récupérer sain et sauf est très fort. La victoire, c’est la cerise sur le gâteau, une autre émotion, une sorte d’aboutissement.

Qu’apporte le Vendée Globe à PRB ?
Quand on avait l’Argus de la presse ou Secodip pour calculer les retombées, c’étaient des équivalents en publicité qu’on n’aurait jamais pu se payer. Par exemple, l’année de la victoire de Michel Desjoyeaux, les retombées avaient été de 140 millions de francs [28 millions d’euros aujourd’hui, NDLR], c’était plus que notre chiffre d’affaires de 120 millions (24 millions d’euros) à l’époque. Aujourd’hui, avec la multiplication des médias, c’est plus difficile de calculer ces retombées, mais j’ai pour habitude de dire – cette année étant le mauvais exemple -, qu’il faut avoir amorti l’investissement le jour du départ.

« Le budget de fonctionnement est de 500 000 euros annuels sur quatre ans »

Ce n’est donc pas le cas cette année ?
Non, parce que, par exemple, on n’a invité aucun client sur le village et qu’on a moins de visibilité, ça n’a rien à voir. Malgré tout, je pense qu’il faut que ce Vendée Globe parte, parce que les bateaux et les marins sont là, et que si ça ne part pas, il y a des projets qui n’auront pas les moyens de mettre 500 000 euros de plus pour attendre un an. Et même si on est confinés pendant un mois, ça va faire rêver les gens, ça ne peut qu’offrir une bouffée d’oxygène dans ce monde difficile.

Combien vous coûte cette campagne ?
Le budget de fonctionnement est de 500 000 euros annuels sur quatre ans, donc 2 millions en tout, hors investissement bateau.

Vous parliez de maîtrise des budgets, le sont-ils suffisamment aujourd’hui ?
C’est un vrai débat. Quand on voit les prix des nouveaux bateaux, c’est difficile de suivre. Après, la solution serait de trouver d’autres partenaires à nos côtés ; aujourd’hui, si certains veulent nous rejoindre, on est ouverts, y compris à partager à parts égales et que le bateau s’appelle « Dupont-PRB ». Je trouve d’ailleurs que la communication à deux partenaires d’Arkéa et de Paprec est très bien faite.

Cela veut-il dire que vous souhaitez poursuivre au-delà de ce Vendée Globe ?
Je pense que Kevin est parti pour faire quelques Vendée Globe, donc oui, il faut qu’on l’accompagne. Le Covid ne va pas durer toute la vie, l’économie va bien repartir un jour.

Vous envisageriez de faire un nouveau bateau ?
Aujourd’hui, je n’en sais rien, on va déjà laisser partir le bateau, attendre qu’il revienne et on en parlera à ce moment. Une chose est sûre, c’est que l’actuel PRB est à vendre 2 millions d’euros, s’il y a des gens intéressés…

Photo : Eloi Stichelbaut / PRB

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