TIP & SHAFT | Julien Villion : “J’aime tout dans la voile”
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Julien Villion : “J’aime tout dans la voile”

Membre de la cellule de routage de Jean-Yves Bernot du record du tour du monde en solo de François Gabart, Julien Villion est un marin multi-cartes qui a touché à l’olympisme, au Figaro et à toutes sortes de bateaux volants. Engagé cette semaine sur Sailing Arabia The Tour en Diam 24 au sein de l’ambitieuse équipe de Beijaflore, il évoque pour Tip & Shaft ce parcours éclectique.

Comment t’es-tu retrouvé dans la cellule de routage de Macif lors du record du tour du monde en solitaire de François Gabart ?
J’ai rencontré Jean-Yves Bernot durant mes années Figaro au Pôle de Port-la-Forêt. C’est à ce moment que j’ai mis le pied dans la météo et que le sujet m’a vraiment branché. Grâce à un de mes amis, Antoine Koch, qui travaillait avec lui, j’ai été stagiaire sur la Route du Rhum 2014  il y a toujours dans la cellule une petite main à côté de routeurs chevronnés. Jean-Yves m’a proposé de revenir en 2015, pour router principalement le Multi50 d’Erwan le Roux et Giancarlo Pedote sur la Jacques-Vabre, puis en 2016 sur The Transat où Erwan avait cassé au cap Finisterre. J’ai du coup travaillé en binôme avec Jean-Yves sur Macif. Par la suite, François a souhaité bâtir sa cellule de routage avec des personnes s’engageant sur la durée, Jean-Yves lui a proposé que je sois de l’aventure, voilà comment ça s’est fait. Et, a priori, il n’y a pas de raison que ça ne continue pas sur le Rhum.

Tu dis que tu as vraiment découvert la météo au Pôle de Port-la-Forêt, quel a été ton parcours avant ?
Je viens d’une famille de voileux de La Trinité-sur-Mer où j’ai grandi. J’ai un oncle bien connu dans le milieu, Philippe Facque [patron du chantier CDK Technologies, NDLR]. J’ai débuté comme tout le monde par l’Optimist avant de suivre la filière catamaran jusqu’au haut niveau, en Hobie 16 puis en Formule 18, avec Louis Viat, avec l’objectif d’accéder au Tornado en olympisme. Suite à l’arrêt du Tornado après Pékin 2008, je me suis tourné vers le Figaro, car mon ambition était de vivre de ma passion : j’ai participé à la sélection CMB-Région Bretagne, l’année où Anthony Marchand a gagné, en 2010, ça m’a vraiment bien plu, j’ai alors décidé avec Quentin Ponroy de monter un projet pour le Tour de France. Marc Guillemot nous a aidés avec toute notre bande de potes trinitains, nous avons fait le Tour de France la dernière année du Farr 30 sous les couleurs de Safran puis un an plus tard en M34. J’ai ensuite rejoint l’équipe de Fabien Henry, avec laquelle nous avons gagné le Tour en 2012, dont une partie a été recrutée un an plus tard par Groupama, pour deux nouvelles victoires sur le Tour avec Franck Cammas en 2013 et 2014.

Et le Figaro ? 
Corentin Horeau, qui était avec moi sur le projet Safran, m’a « méchamment » battu en finale de la sélection CMB-Région Bretagne en 2012. Mais grâce à Antoine Koch, encore, j’ai réussi à trouver un partenaire qui m’a permis de faire le circuit en 2012 et en 2013. Ce fut une super expérience, j’ai tout découvert en même temps : la navigation en solo, la gestion du sommeil, le fait de courir contre mes idoles, je démarrais vraiment un nouveau sport avec le sentiment de progresser vite, c’était assez jouissif. En revanche, je me suis rendu compte que pour performer en Figaro, il fallait se focaliser dessus pendant plusieurs années. Je n’ai fait que deux ans, souvent à courir derrière le temps et le budget, je regrette de ne pas avoir pu continuer pour viser un top 10 ou un top 5. J’ai été deux fois finaliste de la sélection Skipper Macif en 2013 et 2015, j’ai buté sur Yoann Richomme puis sur Charlie Dalin. Aujourd’hui, je continue de suivre le circuit de près, je me suis notamment occupé, avec Jean-Yves, de préparer les road-books de la Solitaire pour les skippers du Team Vendée. Mais, je n’ai pas de projet en cours.

Depuis, tu as navigué en Diam 24, en GC32, en Moth, en One Fly, en Class C, en Nacra 17, tu as la bougeotte ?
C’est vrai que c’est très varié et c’est ce qui me plaît, j’aime vraiment tout dans la voile. Je suis un touche-à-tout, je n’ai pas vraiment de plan de carrière.

Te voilà maintenant en Diam 24 avec Beijaflore…
J’ai été contacté en septembre 2016 par Pierre Mas, intéressé par ma polyvalence, qui m’a parlé d’un projet professionnel très structuré, avec un partenaire désireux de donner des moyens à l’équipe, puisque son objectif, quand il a commencé, était de gagner le Tour dans les trois années de son engagement. L’idée m’a bien plu parce qu’il me proposait d’alterner entre le poste de barreur et la navigation. Ce qui m’a attiré, aussi, c’est la jeunesse de l’équipe : j’ai 30 ans mais je suis le plus vieux du bateau ! Être mis en concurrence par des jeunes qui viennent de l’olympisme est un bon moyen de progresser. Je tiens ça de Franck Cammas qui utilise beaucoup les qualités des autres, et notamment des jeunes, pour se challenger et en sortir plus fort. J’ai beaucoup appris à ses côtés : quand j’avais 15 ans, je le regardais naviguer en Orma sur le zodiac de mon oncle, dix ans plus tard, je me suis retrouvé à bord avec lui, c’était énorme !

Tu as navigué en Nacra 17 l’année dernière, est-ce encore d’actualité ?
J’ai toujours ce rêve olympique dans un coin de la tête. Le passage du bateau en mode volant redistribuait les cartes, j’étais vraiment intéressé pour prendre le train en marche. Mais après le Mondial de La Grande Motte [ils se sont classés 24e, NDLR]j’ai décidé de ne pas continuer avec Bérénice Delpuech. Ce n’était pas un problème de compatibilité, mais plus de complémentarité et d’expérience. J’ai cherché un profil d’équipière ayant du vécu dans l’olympisme, sans succès. Maintenant, avec un hiver de retard pendant lequel tout le gratin a énormément navigué, ça devient compliqué. Je n’exclus pas cependant de dépanner ponctuellement, pour rester au contact de ce milieu qui reste ce qui se fait de mieux.

Quels sont tes autres projets à part le Diam 24 ? 
J’ai bien envie de valoriser mon expérience du routage et de la crédibiliser en naviguant au large. Je rêve d’aller sur les grands multicoques : il y a des projets de courses en équipage qui arrivent, comme Lorient-Les Bermudes en 2019, peut-être un tour du monde en équipage en course après le tour du monde en solo en 2019. Un Jules-Verne me brancherait vraiment bien aussi !


SATT, nouvelle formule. La 8e édition de Sailing Arabia – The Tour (3-17 février) est marquée du sceau du changement avec un nouveau support, le Diam 24, et un parcours exclusivement le long des côtes omanaises. “Au départ, la bascule en Diam devait avoir lieu en 2019, mais la fermeture des frontières du Qatar nous posait un problème logistique, d’où la décision de rester sur Oman et d’anticiper le changement de support”, explique Nicolas Honor, membre de l’équipe d’organisation au sein d’Oman Sail. Ce changement opéré en septembre dernier explique une participation relativement peu élevée – huit équipages – pour ce qui sera “une édition de transition”, selon Nicolas Honor qui table sur une quinzaine d’inscrits en 2019. Parmi les huit équipages, trois courent sous les couleurs d’un sponsor omanais, respectivement menés par Steve Morrison, Thierry Douillard et Cédric Pouligny, un sera 100% féminin avec Elodie-Jane Mettraux aux commandes.