BrestAtlantiques

Comment s’organise Brest Atlantiques

Les organisateurs de Brest Atlantiques, course de 14 000 milles réservée à la classe Ultim 32/23 qui s’élancera le 3 novembre de Brest, ont tenu les 6 et 7 septembre deux conférences de presse, l’une à Brest, l’autre à Paris, pour présenter les grandes lignes de la course ainsi que les quatre duos engagés, accompagnés chacun d’un mediamanTip & Shaft vous en dit plus sur cette nouvelle épreuve.

Première information délivrée par Emmanuel Bachellerie, directeur général de Brest Ultim Sailing, la société organisatrice de Brest Atlantiques – initialement créée pour organiser Brest Oceans (reportée à 2023 suite aux avaries rencontrés par les Ultims sur la Route du Rhum 2018) : l’arrivée de quatre partenaires privésEiffageNaval GroupSuez et Océanopolis (propriété de Brest Métropole), dont les logos figureront sur les grand-voiles des quatre Ultim engagés, rejoignent en effet les trois partenaires publics de la course que sont Brest Métropole, le département du Finistère et la région Bretagne.

Le montant de l’investissement ? « C’est un budget conséquent, mais nécessaire à la promotion et à la valorisation de Naval Group, ainsi qu’au développement et à l’organisation de la course », répond Frédéric Gesnouin, directeur de la communication de Naval Group Paris. Même discrétion chez Oceanopolis : « Le niveau de partenariat est important à notre échelle, mais pour nous, ça vaut largement un plan de com de saison d’été en termes de retour sur investissement », assure Stéphane Maby, directeur du « premier site touristique payant de Bretagne depuis 30 ans ». De son côté, Emmanuel Bachellerie, interrogé sur le budget global de la course, explique : « On est à 50/50 public/privé, sachant que le budget de production de l’événement, hors ressources humaines de Brest Ultim Saiiling [qui, outre Emmanuel Bachellerie, comprend Alizée Brochardcheffe de projet, et Céline Hegly-Delfour, chargée de communication, NDLR], se monte à 1,115 million d’euros HT« .

Ce qui signifie un peu plus de 550 000 euros d’argent privé. Des recettes assurées d’une part par les frais d’inscription (65 000 euros par bateau, soit 260 000 € en tout), et de l’autre (290 000 €) par les quatre partenaires officiels et les exposants sur le village. La répartition de l’argent public se fait quant à elle entre Brest Métropole, le Finistère et la Bretagne. Sollicitées par Tip & Shaft sur le montant de leur subvention, deux des trois collectivités ont répondu : le département pour dire que « si le soutien était acté, la subvention n’avait pas encore votée », tandis que du côté de Brest, on évoque un « marché public à hauteur de 390 000 €. »

Le budget de production évoqué par Emmanuel Bachellerie couvre le village, les animations et les espaces exposants, domaine, entre autres missions, confié à Manfred Ramspacher (organisateur notamment de la Normandy Channel Race), bras droit d’Emmanuel Bachellerie sur l’événement, la direction de course – assurée par Jacques Caraës – la production audiovisuelle (Nefertiti) et graphique (Jean-Baptiste Epron et Isabelle Keller), ainsi que les relations presse (Caroline Muller et Sabina Mollart-Rogerson), les relations publiques (Kaori), le site internet et les réseaux sociaux (Addviso).

Le village, d’environ 10 000 m2, situé sur le quai Malbert, où seront amarrés les quatre Ultims, sera ouvert entre le samedi 26 octobre et le dimanche 3 novembre, date du départ de la course, soit une semaine après celui de la Transat Jacques Vabre (dont les organisateurs avaient refusé d’accueillir la classe Ultim 32/23 quand celle-ci cherchait une course de remplacement après le report de la Brest Oceans, voir notre article), ce qui a fait grincer des dents du côté du Havre. « Nous avons choisi cette date pour une raison très simple : quand des collectivités sont partenaires, l’activation territoriale, très importante, passe par un village. Or avoir de la fréquentation en dehors des vacances scolaires, c’est compliqué« , se défend Emmanuel Bachellerie qui espère « entre 80 000 et 120 000 personnes du premier au dernier jour de village ».

Du côté de la direction de course, Jacques Caraës ne sera pas seul, puisqu’il sera assisté d’Hubert Lemonnier, de Jean Coadou et de deux skippers, « profil Figaro/Imoca », dont les contrats sont en cours de finalisation – Fabien Delahaye et Paul Meilhat, initialement envisagés, ayant décliné parce qu’ils disputent la Transat Jacques Vabre. La direction de course s’appuiera également sur Christian Dumard pour la météo, CLS pour suivre la progression des glaces (les bateaux pourraient descendre sous les 40e pour aller vers Le Cap), et, pour ce qui est de l’organisation sur l’eau, sur les équipes bénévoles des clubs de voile de Brest, réunis au sein de la nouvelle structure Brest Bretagne Nautisme.

Le départ sera donné sur une ligne de 2 milles à la sortie du Goulet de Brest entre les pointes Saint-Mathieu et du Toulinguet (à Camaret-sur-Mer), le parcours sera d’environ 14 000 milles pour une durée estimée à 28-30 jours avec deux marques à laisser à bâbord : l’archipel des Cagarras, à 3 milles d’Ipanema, la mythique plage de Rio de Janeiro, et Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela, au large du Cap. Sur place, la direction de course dispose de relais en cas de pépins techniques, notamment le Sud-Africain Jan Dekker (vainqueur de The Race sur Club Med) au Cap, les escales techniques étant autorisées sans neutralisation ni pénalité.

A bord des quatre Ultim, chaque tandem sera suivi par un mediaman (Ronan Gladu sur Actual LeaderYann Riou sur Edmond de RothschildMartin Keruzoré sur SodeboJérémie Eloy sur Macif) – une qualification obligatoire de 2 000 milles avec le mediaman a dû être effectuée -, ces derniers n’ayant le droit en course « à aucune aide à la performance« , selon Jacques Caraës qui précise cependant qu’ils peuvent « matosser leur propre matériel et faire la cuisine » (voir l’article de Voiles & Voiliers sur le sujet). L’arrivée des bateaux à Brest, prévue début décembre, donnera enfin lieu à un dispositif « proche de celui qui est organisé pour les arrivées de record », conclut Emmanuel Bachellerie.

Photo : Brest Atlantiques

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