Corinne Migraine et la FFVoile défendent les intérêts de la course au large

Corinne Migraine : « Nous allons demander que les courses en solitaire vitales pour l’écosystème aient lieu cet été »

Une grande réunion téléphonique avec tous les acteurs de la course au large (voir les participants ci-dessous) s’est tenue mardi à l’initiative de la FFVoile dont l’ordre du jour était « Comment réussir la reprise de l’activité course au large ? ». Vice-présidente de la fédération, en charge du département compétition-performance, Corinne Migraine revient pour Tip & Shaft sur le contenu des débats.

Quel était l’objectif de la réunion de mardi ?
Nous avons eu une première action en envoyant la semaine dernière un courrier au ministère des Sports et au Secrétaire général à la Mer dans lequel la fédération se faisait la porte-parole de l’inquiétude de toute la course au large, dont l’activité professionnelle, des marins aux organisateurs en passant par les industriels, est aujourd’hui quasiment totalement réduite à zéro. L’objet était de leur dire : « Il faut absolument qu’on retourne travailler, sinon, ça va être dramatique. » Les pêcheurs peuvent retourner sur l’eau, ils ont trouvé des processus pour le faire, nous voulons en faire autant, sans, bien sûr, propager le virus. A la suite de ça, le ministère nous a demandé de leur proposer des processus qui nous permettraient de retourner sur l’eau. C’était l’objet de la réunion d’hier à l’issue de laquelle nous nous sommes mis d’accord sur un processus de reprise en deux phases, d’abord retourner sur l’eau après le 11 mai pour s’entraîner, puis, dans un deuxième temps, pouvoir remettre en place des courses, sachant qu’il va peut-être falloir réinventer les choses pour organiser des courses dans des formats différents de ceux que l’on connaît habituellement, de façon à ce qu’elles puissent exister cette année.

De quelles courses s’agit-il ?
Nous avons identifié deux événements majeurs que nous devons absolument soutenir pendant cette première période de déconfinement : la Solitaire du Figaro, et le circuit Figaro plus généralement, et évidemment le Vendée Globe. Nous avons aussi identifié la classe Mini qui a besoin de courses pour pouvoir faire des qualifications. Il faut que tout ce monde puisse retourner sur l’eau rapidement, nous travaillons à cela en ce moment et je tiens à souligner la solidarité dont ont fait preuve hier tous les participants à cette réunion. Tout le monde a bien compris que dans un tel contexte, il n’était pas question que chacun joue sa carte dans son coin. La survie des uns est importante pour tous, des Mini aux Ultimes, c’est important que tout cet écosystème parvienne à trouver un équilibre dans cette crise.

Quelle suite aura cette réunion ?
Nous avons écouté tout le monde, chaque classe nous a présenté ses processus de déconfinement, nous allons prendre les bonnes idées de chacun pour faire un document de synthèse commun à toute la course au large, il vaut mieux avoir un document unique que plusieurs propositions qui arrivent sur le bureau du ministère et finissent par être totalement perdues. Nous avons une réunion ce jeudi 7 mai avec le ministère, les travaux vont ensuite continuer, c’est en tout cas une des urgences parmi d’autres de la fédération.

Concrètement, quand peut-on espérer voir une première course au large cette saison ?
Je suis incapable de le dire aujourd’hui. Aujourd’hui, la position du ministère est de dire qu’il n’y aura pas de compétition avant le 31 juillet. Nous, on est prêts à prendre des engagements forts pour rassurer l’Etat, en insistant sur la particularité de notre sport qui est quand même un sport de très grand air. Donc on va demander à ce que les courses en solitaire vitales pour l’écosystème aient lieu cet été. Il y a des courses qui doivent absolument se faire cet été, à nous de rassurer l’Etat en leur montrant que c’est possible avec le plus de bon sens possible.

Sentez-vous le ministère réceptif aux préoccupations de la course au large ?
Oui, nous avons un contact très réceptif, je pense que le ministère a bien compris quelles étaient les particularités de la voile et que nos interlocuteurs sont capables de défendre ces particularités.

Le président de la SAEM Vendée, Yves Auvinet, a annoncé mardi qu’une décision serait prise le 15 juin pour la tenue le Vendée Globe, qu’ll ne voit pas sans public : êtes-vous aujourd’hui optimiste quant à son déroulement à la date prévue ?
J’ai envie d’être optimiste
parce que le Vendée Globe est vital pour beaucoup de marins, de projets, de chantiers, mais aussi pour la course elle-même. Un report en 2021 me paraît extrêmement compliqué sur le plan national et international. Et la capacité d’attendre une année supplémentaire et d’investir des budgets un an de plus me semble aujourd’hui assez limitée. Je pense que ça réduirait le nombre de teams, parce qu’il y aura sans doute des dommages collatéraux importants. Donc je pense que tout l’intérêt de la SAEM Vendée est d’envisager l’organisation de la course différemment, pour que les bateaux puissent partir quoi qu’il arrive, même si le Vendée Globe ne sera pas celui qu’on connaît, avec la foule, l’engouement sur place. Pour une année exceptionnelle, on peut peut-être organiser les choses un peu différemment, il y va à mon avis de la survie de la course. Ce n’est bien sûr pas nous, fédération, qui allons prendre la décision, mais c’est en tout cas à nous d’alerter sur ce sujet, afin que les organisateurs prennent une décision en toute connaissance de cause.

(*) En plus de neuf représentants de la FFVoile, étaient présents Hervé Moussaron, directeur adjoint du Cross Gris-Nez, trois directeurs de course – Francis Le Goff (Solitaire du Figaro), Denis Hugues (plusieurs courses du calendrier Mini, dont la Mini-Transat), Jacques Caraës (Vendée Globe) -, Laura Le Goff, directrice de la SAEM Vendée, Hervé Favre, directeur général d’OC Sport, quatre skippers – Jean Luc Nélias, Yoann Richomme, Vincent Riou et François Gabart -, six présidents de classe – Emmanuel Bachellerie (Ultim 32/23), Antoine Mermod (Imoca), Erwan Le Roux (Multi 50), Halvard Mabire (Class40), Yvon Breton (Figaro Bénéteau), Sébastien Pebelier (Mini 6.50).

Photo : Patrick Déroualle

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